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Mercredi 3 janvier 2007
Noël au Japon, au début on se dit ça craint, Noël sans sa famille, ça peut pas être Noël, et pour beaucoup c'est le moment où le pays nous manque le plus.

Ce jour-là, Chisato (Bua) nous avait invité à manger chez elle, non loin de Nagoya. Nous avons visité avec elle Inuyama Shiro, le chateau d'Inuyama, puis nous avons assisté à une cérémonie du thé trés sympathique et beaucoup moins formelle que la précédente en compagnie de ses grands-parents (sa grand-mère est professeur de cérémonie du thé). Ce fut déjà une journée bien sympa.

Le soir, une soirée à Kaikan, avec les autres étudiants étrangers, était prévue, mais sous l'impulsion des espagnols et de bobby, nous sommes finalement restés à Nagoya pour voir les décorations et les éventuelles animations. C'était trés beau, les décorations de Noël sont comme chez nous, en moins nombreuses quand même, et il y avait des éclairages animés sur les immeubles, qui changeaient régulièrement, telles que de la neige qui tombe, des ombres fêtant Noël derrière les fenêtres, défilant, ou encore le papa noël ! Nous sommes allés voir des chants de Noël chantés par un choeur de 300 jeunes, puis Bobby et moi sommes partis de notre côté, parce que les espagnols ne voulaient pas voir le feu d'artifice. Malheureusement, ce jour-là, je n'avais pas mon appareil photo... Devant le port de Nagoya, un immense sapin tels qu'on les voit dans les films américains, entièrement illuminé, à se demander où sont les branches, et les illuminations se paraient de différentes couleurs qui se mouvaient au gré de la musique. C'était déjà magnifique en soi. Puis, le feu d'artifice a commencé, et là, c'était vraiment magique.

C'était la première fois que j'assistais à un feu d'artifice sur fond musical. Et la musique ne se contentait pas d'accompagner, elle semblait diriger le feu d'artifice, les feux adaptant leur formes aux tonalités, adaptant leur rythme à celui de la musique, etc. Et quand on parle de musique, on a eu de tout ! Du Mariah Carey version techno à la musique disney (le feu d'artifice s'est conclu sur Cendrillon : "if you keep on believing, the wish that you dream will come true", mais bien sûr faut être un spécialiste pour reconnaître ! ah ah), en passant par "Con Te partiro", "Jingle bells" (à ce moment là les feux ont carrément pris une forme de cloche !), et au fameux "HO HO HO" du père santa ! Le tout pendant une demi-heure, entrecoupée de petites pauses ou la musique s'arrêtait (en synchro avec les feux), pour laisser place à un conte de Noël qui nous raconte la légende de St Nicolas qui fit le bien autour de lui avant de devenir Santa Claus ! (l'histoire en question était racontée par une voix féminine, avec en fond une voix de tout petit garçon qui commentait, c'était trop mignon ! presque autant que la petite fille qui criait "Sugoi !!" avec des yeux extasiés derrière moi...).
Pour les intéressés sur la langue japonaise, on dit "Nicolas-san", et pour feu d'artifice, on dit "hanabi", ce qui veut dire littéralement : "fleur de feu" (hana = fleur et bi ou hi = feu).

Et enfin, le lendemain matin : les cadeaux ! on a fait ça dans la chambre de Bobby, l'ambiance s'y prêtait mieux avec toutes les décorations de Noël et de Disney. On avait même un mini-sapin ! Et ça faisait vraiment Noël ! On avait aussi accroché des chaussettes au mur ! J'ai offert à Bobby les peluches qu'il convoitait depuis un mois, et dans sa chaussette j'ai mis du roquefort et autres fromages (un vrai cadeau de luxe !). Quant à moi j'ai eu un assortiment de verres Mickey-Minnie, un repose-keitai (tel portable) en forme de canapé et une mini montre porte-clés.



Pour la petite histoire, Noël pour les japonais n'est pas du tout une fête familiale, mais surtout une occasion de sortir entre amis, ou, pour ceux qui ont un(e) amoureux(se), une occasion de sortir en couple. D'ailleurs, nous avons croisé beaucoup de couples !
Mercredi 3 janvier 2007
Tokkaidô est l'ancienne route qui relie Kyôto à Edo (aujourd'hui Tôkyô), les deux plus importantes villes du Japon, encore maintenant. Cette route a été construite au début du XVII siècle sous l'impulsion du gouvernement Tokugawa (je vous ai déjà parlé de Tokugawa, premier shogun de l'ère Tokugawa, dans l'article sur Nagoya Matsuri). A l'époque, Kyôto était encore la capitale impériale (et culturelle, Kyôto restant encore aujourd'hui la référence du raffinement de la culture japonaise). Quant à Edo, elle était devenue depuis la prise de pouvoir de Ieyasu Tokugawa en 1600 la nouvelle capitale politique, le gouvernement devenant shogunal et l'empereur prenant une dimension plus symbolique que véritablement influente.


Vous pouvez donc imaginer que la route était trés trés empruntée... ne serait-ce que par le shogun afin de recevoir l'investiture de l'empereur. Autour de cette longue route, 53 étapes (Seki est la 48e), autant de villes composées d'auberges, de magasins d'artisans, etc. Evidemment, ces villes sont toutes en longueur le long de la route. Or, il se trouve que la mieux conservée de ces stations est la ville de Seki, dans la préfecture de Mie ! (pour ceux qui suivent pas, c'est là où je me trouve!!).

Le guide

Notre guide fait partie de la trés vieille famille des Hattori, qui sont de lointains parents du célèbre ninja Hattori Hanzô... c'est la classe !

Il s'appelle Aki Hattori, il représente la 14e génération, et parle trés bien anglais. Sa famille tient un wagashi-ya, c'est-à-dire un magasin de douceurs traditionnelles japonaises. Ce magasin s'appelle Sekinoto, et a ouvert autour de 1635.... Depuis, il n'a fermé qu'une fois, lors d'un grand incendie en 1783 ; et oui ! il est encore ouvert aujoud'hui !
Les petits gâteaux vendus là-bas, mochigashi, est une douceur de luxe réservée aux aristocrates, et étaient surtout achetés comme présent. Aujourd'hui encore, ils valent assez cher.
Le mochigashi de Sekinoto a 4 particularités qui l'ont rendu célèbre et fait qu'il se vend encore depuis 3 siècles.
La première, ce sont les ingrédients. En effet, le mochigashi est à la base un gâteau de riz mélangé à de la pâte d'haricot sucrée, avec un sucre spécial appelé Wasabon, le premier sucre de canne produit au Japon (le sucre de canne, avant 1760, était importé de Chine). Or, ce sucre est une denrée rare produite seulement dans l'île de Shikoku.
La deuxième particularité, c'est le temps. Les mochigashi de Sekinoto prennent trois fois plus de temps à faire que des mochigashi ordinaires.  Cela s'explique facilement si on remonte à cette fameuse période Tokugawa (ou période Edo) : en effet, les voyageurs achetant ces gâteaux avaient encore une bonne quinzaine de jours de marche devant eux avant de pouvoir offrir leur présent, aussi les mochigashi devaient-ils être suffisamment conservés. Tout est dans le degré de fermentation. C'est un secret bien gardé ! Toujours est-il que les mochigashi de Sekinoto peuvent se garder un ou deux ans sans problème.
La troisième particularité, c'est la forme. Comme je vous l'ai déjà dit, les japonais s'inspirent souvent de la nature qui les entourent. Aussi les mochigashi de la famille Hattori représentent-ils des montagnes au sommet enneigé. Sur les photos, on ne voit pas de neige, mais on peut aisément comprendre d'où vient l'inspiration d'un tel motif !
Enfin, la dernière particularité : le goût ! Même moi qui suis pas fan des petites friandises japonaises (trop sucrées), je les ai trouvés trés bons !

La gestion de l'espace

Comme je vous l'ai dit, les stations le long de la tokkaidô sont toutes en longueur, ça paraît logique... Du coup, les impôts fonciers de l'époque étaient fonction de la largeur du bâtiment !
Et donc, point de portes coulissantes, qui demandent trop de place. Le système est plus ingénieux : il faut détacher successivement des panneaux de bois retenus au plafond, qui s'empilent du bas jusqu'en haut !

De même, des bancs extérieurs se détachent du mur tels des lits pliants.

Enfin, vous pourrez remarquer que tout étant en bois, le risque d'incendie était à la fois trés élevé et trés redouté. Pour limiter les dégâts, des emplacements vides sont aménagés tous les 3 ou 4 bâtiments. Ces espaces vides qui semblaient inutiles aux néophytes que nous sommes, et qui étaient juste essentiels à la préservation d'un tel site !

Seki Jizoin Jinja

Un jinja est un temple shintoïste, à distinguer de l'otera, temple bouddhiste (je décrirais les différences dans un prochain article). Ce temple est au coeur de la ville, protégeait les voyageurs et leur permettait de trouver repos, de remercier les dieux de les avoir préservés jusque là, et de leur demander protection jusqu'à la fin de leur périple. Il servait aussi à honorer les éventuelles victimes. Aujourd'hui, ce temple est un trésor culturel national.

Vous pouvez remarquer que les japonais ont pour leur temple des sortes d'animaux protecteurs, comme nous les gargouilles, sans le côté fonctionnel (gouttières). Par exemple ce lion, sur le toit, ou encore l'éléphant (Evidemment, ils n'en avaient jamais vu, et le design est assez approximatif).

Art local

Outre les dessinateurs assis un peu partout dans la ville, on peut découvrir sur les toits des maisons autour de la route des petites sculptures, symboliques. Ce juge des morts, par exemple. Ou encore la tortue, symbole de longévité (on dit qu'elle peut vivre 1000 ans ! Bobby lui trouve qu'elle ressemble plus à une bouse...), ou l'oiseau, symbole de je-sais-plus-quoi (aie ! non, pas taper Claire !).

Pour d'autres photos et informations sympathiques, je vous recommande cet article, tiré d'un blog trés intéressant, trés bien fait et trés bien illustré (par l'auteur même du blog), que j'ai mis dans les liens du site.

par Charlotte publié dans : Les visites
Mercredi 22 novembre 2006

Une petite synthèse des différents moyens de transports AUTRES que la voiture au Japon. Il y a quelques différences notables par rapport à chez nous.

Le vélo

Sans conteste LE moyen de transport préféré de tout le monde. Bien que les plus jeunes se déplacent à pied, on trouve à peu près toutes les classes d'âge sur son vélo : du salary-man (oui oui c'est comme ça qu'on dit) en costume, à la grand-mère dont le dos fait presque un angle droit à force de travail dans les rizières, en passant bien sûr par les étudiants.

Les vélos ont à 99% un panier à l'avant, et à 100% un système de cadenas intégré à la roue, avant ou arrière. Les clés restent accrochées au vélo tant qu'il est ouvert, puis il faut les garder avec soit dès qu'on ferme le cadenas. Rien de plus simple. Ce n'est pas comme si ça craignait vraiment cela dit... Il paraît qu'un vélo à été volé récemment, et ça fait toute une histoire ! Les profs nous ont raconté le choc. Mais nous avons été vite rassuré... La police a retrouvé le vélo !!!!!!!! (Sérieusement, vous y croyez vous ? j'imagine la tête du policier si j'arrive pour dire que mon vélo à été volé...).

La pluie n'est pas vraiment un inconvénient : les japonais sont parfaitement à l'aise pour conduire leur vélo à une main en pleine ville, et la seule personne sans parapluie sur son vélo quand il pleut, c'est moi ! Sérieusement, leur dextérité est impressionante, à se demander pourquoi il y a deux poignées sur un guidon de vélo !!

Quant aux parkings à vélos, ils sont bien évidemment bondés...

Le bus

Un moyen de transport que j'ai peu eu l'occasion d'utiliser, mais qui est néanmoins aussi courant que chez nous. Il y a tout de même des particularités intéressantes à raconter.

Tout d'abord, un principe radicalement différent : le prix du bus dépend de la distance parcourue ! Ca paraît soudain logique, et notre système paraît absurde, vous ne trouvez pas ? Que l'on paye la même somme pour descendre à l'arrêt d'après que pour descendre au terminus !

Du coup, forcément, on paye en sortant du bus. On sort donc toujours à la porte avant, tout le contraire de chez nous.

Pour savoir combien il faut payer, le système est simple : en montant dans le bus (porte arrière, donc), on prend un ticket, avec un numéro dessus (le numéro de l'arrêt auquel on est monté). A l'avant du bus, au dessus du pare-brise, se trouve un tableau électronique qui indique le prix à payer pour chaque numéro... Il suffit alors de payer en sortant, en présentant le ticket avec.

Autre détail intéressant : on paye dans une petite boite, et non pas directement au chauffeur, qui ne fait que surveiller. Du coup, il faut l'appoint. Pas de panique ! Il y a toujours dans un bus, juste devant la fameuse petite boîte, une machine pour faire de la monnaie, que ce soit sur des pièces ou des billets... bien pratique !

Le train

Prendre le train au Japon, c'est aussi banal que de prendre le métro à Paris (ou le RER). On se déplace partout. Dans le train, c'est toujours bondé, il y a des lycéens, des collégiens, des salary-men, des housewives prêtes à dépenser leur argent, bref, c'est le métro ! On se tient parfois debout, parfois assis, selon la durée prévue du trajet.

Petit détail amusant sur les sièges du train : ils s'adaptent ! J'explique : si vous êtes 4, que vous voulez être tous face à face, rien de plus simple. Vous prenez deux rangées de sièges, et vous basculez les dossiers qui les séparent de l'autre côté (je suis sûre que vous avez rien compris... mais pas facile d'expliquer ça... Disons que les dossiers des sièges peuvent basculer de l'autre côté du "siège", sous entendu là où on pose son postérieur !).

Pour payer son ticket, ça paraît difficile comme ça, mais en fait, rien de plus simple ! On regarde la carte de la ligne qu'on veut prendre (à Tsu, c'est facile, il n'y en a qu'une), on cherche la gare où on veut descendre, et à côté il y aura marqué le prix à payer.

Une fois que le prix est su, il faut mettre de l'argent dans le distributeur, appuyer sur la touche avec le bon prix, et abracadabra ! votre ticket sort ! Et la monnaie si vous avez mis plus. Encore une fois, on paye avec de la monnaie ou un billet (pas par carte, on ne paye quasiment jamais par carte au Japon). Il n'y a pas plus enfantin.

Après c'est comme le métro : on met le ticket dans une machine, et il ressort. Sauf à la sortie, ou il ne ressort pas. Dans certaines petites gares, il n'y a pas de machines... Il y aura alors forcément un employé pour tamponner et réceptionner votre ticket.

Le métro c'est donc pareil, sauf qu'il y a plus de ligne :

Ca marche avec des codes couleurs, donc ce n'est pas si dur... Mais je ne suis pas encore allée à Tokyo alors cet article aura peut-être droit à un chapitre dédié au métro plus tard !

Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas !

Samedi 18 novembre 2006

L'uniforme scolaire.

Comme vous le savez peut-être, au Japon, les étudiants portent l'uniforme scolaire jusqu'au lycée.

Pour les japonais et japonaises férus de mode, c'est la course aux accessoires pour s'exprimer. Et pas seulement sur soi : on dirait qu'ils font le concours de qui aura le plus de breloques pendues à son keitai (téléphone portable), ou les plus grosses peluches accrochés à la fermeture éclair de son sac...

L'importance de l'apparence est telle que les lycées et collèges font du seifuku un argument pour se vendre. Par ailleurs, les uniformes d'école réputées sont reconnus dans la rue, et on peut être fier de les porter.

Rie, qui a eu la gentillesse de poser pour nous dans son uniforme de lycée ET de collège (elle rentre encore dedans ! les japonaises sont haïssables !), est un parfait modèle. Elle porte en effet le fameux "sailor fuku", un des modèles d'uniforme les plus appréciés par les étudiants. Vous pouvez également voir son uniforme d'hiver.  Détail intéressant : les jeunes filles peuvent choisir la longueur de la jupe. J'en ai vu au dessous du genou, et des tellement courtes qu'on ne les voyait même pas sous le pull (pull long)...  Voici quand même un exemple de l'uniforme pour garçon.

De plus, Rie porte les "loose socks" qui étaient, à "son époque" (donc à la mienne), très à la mode dans les lycées. Ca donnait un petit air rebel car anti-conventionnel dans le costume. Au Japon, les écoles sont très strictes, elles n'autorisent souvent ni piercings, ni cheveux colorés, ni quoi que ce soit de voyant et de mal vu. Les loose socks étaient à peine tolérées, voire interdites.

Pour plus d'information et/ou de photos sur les loose socks, je vous renvoie à un article assez complet ici.

Samedi 18 novembre 2006

La cérémonie du thé.

Un art japonais dont beaucoup ont entendu parler, mais dont peu connaissent les détails. Nous avons eu l'opportunité d'assister à  une cérémonie du thé, en présence d'un professeur. C'était d'ailleurs un cours, car même les invités se doivent de respecter scrupuleusement un protocole, ce que nous avons donc dû apprendre.

Avant d'entrer dans les détails, je voudrais juste préciser qu'il existe différentes écoles, et donc plusieurs variations possibles. Par ailleurs, plusieurs types de cérémonies du thé existent, selon l'endroit où elles se pratiquent, les invités qui y participent, etc. Il y a également une graduation dans la formalité des gestes observés. La cérémonie à laquelle nous avons assisté, et que je vais donc vous décrire, est une des moins formelles, mais une des plus courantes et des plus appréciées.

Avant la cérémonie du thé

Le chanoyu a lieu dans une "washitsu", une salle traditionnelle japonaise, c'est-à-dire dont le sol est recouvert de tatamis.

 Il est possible que cette salle soit à part du reste de la maison, dans un pavillon. Dans ce cas-là, avant la cérémonie, les invités doivent s'asseoir dans le jardin, admirer son agencement, puis se déplacer, dans l'ordre (invité principale, deuxième, troisième, etc.), pour faire plusieurs choses. La première, c'est aller saluer l'hôte. L'hôte s'avance vers eux, et vice-versa ; ils se saluent mutuellement, puis font chacun demi-tour : l'hôte (presque toujours une hôtesse) retourne dans la salle de thé, tandis que les invités retournent dans le jardin pour se purifier auprès d'un petit bassin de pierre rempli d'eau. Ensuite, ils se dirigent tous en ordre vers la salle de thé.

Seiza

Seiza est une forme de masochisme qui désigne la position assise sur ses talons. C'est une position très connue, mais peu savent à quel point elle est douloureuse. Dans cette position, il faut que le dessus des pieds soit entièrement posé sur le sol. Pas un seul occidental n'a pu tenir jusqu'à la fin de la cérémonie dans cette position.

Or, elle est primordiale. Non seulement la cérémonie (qui dure au moins une heure, pour les plus courtes) recquiert cette position tout du long, mais en plus, les invités et surtout l'hôte doivent régulièrement se lever et se rasseoir. Pour l'homme, ça va, mais imaginez une femme en kimono, puis essayez de vous lever et de vous asseoir dans cette position en sachant que vous ne pouvez pas lever le genou... et bien sûr pas perdre l'équilibre !

L'invité

En entrant dans la salle de thé, le premier invité doit ôter ses chaussures, se mettre en position Seiza à l'entrée de la pièce, pivoter sur lui-même dans cette position, ranger ses chaussures comme il se doit (posées contre le mur s'il s'agit d'un pavillon, tournées vers lui de façon à ce qu'il puisse les remettre facilement au retour, s'il s'agit d'une pièce faisant partie d'une maison).

La salle est constituée de plusieurs éléments : un trou, dans le sol, chauffe en permanence une sorte de bouilloire remplie d'eau. Souvent, un parchemin de calligraphie au mur, et/ou un arrangement floral Ikebana. Enfin, le meuble servant à poser les différents ustensiles, qui seront apportés ultérieurement par l'hôtesse.

L'invité, en entrant, salue d'abord la pièce dans son ensemble. Puis, il se relève, se dirige vers l'arrangement mural et/ou floral, se rasseoit, salue à nouveau. Si l'arrangement floral est à un endroit différent, il doit bien sûr recommencer pour le saluer. Puis, il recommence pour le petit meuble, en faisant attention de bien contourner le pot qui chauffe. Enfin, il pivote sur lui-même en position seiza pour saluer le fameux petit pot. Enfin, il se relève pour se rasseoir à la place qui est la sienne pour le reste de la cérémonie. A ce moment là seulement, le deuxième invité peut entrer.

Il s'agit bien sûr de montrer qu'on est sensible et qu'on apprécie le raffinement de l'endroit. Par ailleurs, car cela permet de "s'ouvrir" à la sérénité, de se mettre en condition pour apprécier pleinement la cérémonie. C'est en ce sens que ces salutations sont parties intégrantes du déroulement de chanoyu.

L'hôtesse

L'hôtesse, vêtue d'un kimono, entre une fois que les invités sont tous assis. Elle ouvre une porte dans la pièce, prend un bol, se lève, se rassoit, pose le bol sur le petit meuble, se relève, se rasseoit, prend un autre ustensile, se relève, et ainsi de suite. Elle fait ainsi un nombre inimaginables d'allers-retours en s'asseyant dès qu'elle a fini son déplacement. Ce qui, avouons-le, rend parfaitement ridicule quand on est comme moi un rustre occidental^^ (d'où l'importance de s'imprégner d'esprit zen). Surtout que se relever sans cesse, dans son kimono, est un vrai exercice technique !

Le déroulement de la cérémonie

Une fois que tout est en place, des pâtisseries sont servies aux invités. Elles sont là pour éveiller leur goût afin de bien savourer le thé. Ils sont fait de pâte très sucrée.

Les invités sortent alors un petit morceau de papier plié de leur kimono (pressé dans l'encolure), le pose à plat devant eux, se servent chacun leur tour d'une petite pâtisserie (il y en a toujours exactement le bon nombre), en n'oubliant pas de saluer chaque fois qu'ils passent le plat.

Salut : pour saluer, notamment la personne à côté de soi, on pose toujours les mains devant soi, en faisant attention de ne pas les poser sur un bord de tatami, et on ne tourne que la tête vers la persone.

Pendant ce temps, l'hôtesse prépare le premier bol. Elle sort d'abord une sorte de foulard coloré, qu'elle plie savamment, selon un geste méthodique et précis, élégant, d'ailleurs, pour nettoyer la spatule qui sert à prendre le thé en poudre. Je vais arrêter là de décrire chaque geste, c'est impossible, il y a trop de détails. Elle verse donc l'eau chaude dans le thé en poudre, agite vigoureusement avec un "fouet", et le thé est prêt. Le premier invité va le chercher (debout, assis, debout, assis), et l'hôtesse prépare le second bol. Vous n'imaginez pas la foule de détails indispensables que j'omets.

Avant de boire

La personne qui a son bol prêt, le pose d'abord entre elle et la personne qui a bu avant elle :

(en saluant) "Désirez-vous un autre bol ?"

"Non, merci" (le tout en langage très très poli, que donc je ne connais pas)

Puis, elle le pose entre elle et la personne qui n'a pas encore bu, à sa gauche :

(en saluant) "Cela ne vous dérange pas si je bois avant vous ?"

On pose alors le bol devant soi, on le prend dans ses mains (c'est trééééés chaud), on le fait pivoter deux fois vers soi, de gauche à droite, on le boit, on le fait pivoter deux fois dans l'autre sens, on le repose.

C'est la personne qui viendra chercher son bol après qui ramènera votre bol. Rien que l'échange de bols obéit à une procédure établie...

Je me rends compte que cet article est très long et très descriptif, j'espère que sa lecture n'a pas été trop ennuyeuse. J'ai essayé de limiter les détails, et j'ai omis volontairement un certains nombre de choses, donc si vous avez des questions particulières, n'hésitez pas !

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