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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /Nov /2006 14:10

Aki

Aki, l'automne :

Les japonais et la Nature

Au Japon, la Nature a une place très importante. Le lien que les japonais entretiennent avec leur environnement est très fort, et se retrouve dans beaucoup de gestes de la vie quotidienne. Cela se traduit dans la religion du shintoïsme. Mais le concept de religion est inexistant au Japon. La plupart des japonais disent n'appartenir à aucune religion. C'est parce que cette connexion avec la Nature n'est pas appréhendée comme tell, mais relève plutôt d'une esthétique, d'une philosophie fondée sur l'harmonie (avec son environnement). C'est d'autant plus important que Mère Nature est souvent violente et capricieuse avec ce pays qui a eu la mauvaise idée de se placer en plein milieu de trois plaques tectoniques.

Ces préceptes d'harmonie rapportés au quotidien se retrouvent notamment dans le concept de saison. La distinction des quatre saisons témoigne de l'équilibre d'un cycle. C'est pourquoi on la retrouve dans les arts, comme le Haiku, ou encore simplement dans les expressions courantes, au détour d'une conversation.

Les saisons dans l'art et la conversation

Le Haiku, par exemple, est un court poème de 3 vers (le plus court du monde) qui a pour seule obligation (hormis le nombre de vers, bien sûr !) de citer un mot, et un seul, de référence à une saison. Il y a un même un dictionnaire spécifique pour ces "mots de saison" : le Saïjiki.  Il peut s'agir de phénomènes météo (le brouillard pour l'automne), de paysages (les marécages), de plantes (les champignons, les feuilles d'érable rouges), d'animaux (les cerfs, les étourneaux, les bars), etc.

Voici un exemple de Haiku sur l'automne, de Masaoka Shiki (XIXe siècle). Comme le Haiku n'a pas de rimes, il peut facilement être traduit en français :

"Me retournant pour voir

L'homme que j'ai croisé...

Le brouillard "

Bien sûr, on retrouve les saisons dans toutes les formes d'art, et si vous regardez des estampes japonaises, il est rare de ne pas apercevoir de détails significatifs, comme par exemple les fameuses feuilles d'érable rouges.

En ce qui concerne la conversation, les références au temps sont légions. Ainsi, avant les informations, il n'est pas rare de voir des images de forêts rougeoyantes, puis les présentateurs commencer par parler des phénomènes saisonniers qui se profilent petit à petit. De plus, dans toute correspondance, des expressions courantes sont employées en fonction de la saison : "Les érables commencent à rougir dans le parc voisin, j'espère que vous vous portez bien" ou bien " Nous sommes en automne, saison de fraîcheur, et aurions plaisir à vous rencontrer prochainement"...

Rituels et traditions : l'automne

Par ailleurs, les japonais suivent des rituels et des traditions saisonniers spécifiques.

Ce qu'il faut bien garder en tête, c'est que tout ceci est parfaitement intégré dans la vie quotidienne, et qu'il ne s'agit en aucun cas d'une obligation ou d'un devoir d'ordre religieux. C'est une célébration, de la même façon que nous célébrons Noël. Avoir ses traditions et les apprécier, car fondatrices d'une identité. Avec le même enthousiasme que moi quand je raconte notre façon de fêter Pâques (qui, certes, est d'origine religieuse, mais se vit avant tout comme une occasion spéciale à partager entre nous).

L'automne une saison particulièrement appréciée. Tout d'abord, pour son climat, très doux, qui soulage des grandes chaleurs de l'été. C'est la saison de la récolte du riz, la saison des matsuri, la saison des rencontres sportives à l 'école,  la saison des "arbres en feu".

Le Momijigari ou 紅葉  (Kôyô), est la plus célèbre des traditions de la saison. Momiji signifie "feuille d'érable", mais uniquement quand elle prend la couleur rougeoyante de l'automne. Le Japon des montagnes (80% du territoire), est recouvert de forêts qui se parent en cette saison d'une palette de couleurs rouges, jaunes et orangées. Kôyô consiste juste à prendre le temps de les regarder, de les apprécier, de les admirer. Pour cela, certaines places sont plus populaires que d'autres, près de Kyôto notamment. Le principe est donc de réserver sa journée pour faire une excursion ou une simple promenade dans ces endroits, et juste... "enjoy", et être reconnaissant.

« Kaze o hikimashita »

 Nous avons eu un mois d'octobre très très doux, de grands ciels bleus sans nuages qui faisaient penser à des jours d'été. Même si la température chutait le soir tombé (c'est-à-dire vers 17h30-18h). Cela a perduré jusqu'à la date fatidique du 6 novembre, où il s'est mis à faire un froid pénétrant même le jour. Le changement a été tellement brutal (je suis passée du T-shirt sans manches au Duffle Coat) que la quasi totalité de la population est tombée malade. Pas simultanément, mais ils sont tous tombés, les uns après les autres, moi la première ! L'expression basique pour dire qu'on a attrapé un rhume, qu'on a attrapé froid, qu'on a la gale, etc, c'est "kaze o hikimashita". Petite anecdote : le professeur français, M. Guthman, qui m'avertit que Mieko ne viendra pas parce qu'elle "est refroidie" (paraît que ça veut dire attraper froid en français... pour moi ça veut dire quelque chose de plus drastique).

Du coup mon vocabulaire s'est considérablement étoffé. "Hanamizu", qui littéralement signifie "nez-eau", veut donc dire "avoir le nez qui coule" (la simplicité, y a que ça de vrai !). Je sais maintenant dire "je tousse", "Ca s'est refroidi n'est-ce pas ?" "Oh oui ! ça s'est refroidi" (in-dis-pen-sa-ble !), etc.

Comme vous le savez peut-être, certains japonais portent un masque sur la figure pour ne pas propager leur microbe. Cela a souvent été véhiculé par les média en Europe comme le fait de trop de pollution... (il ne faut jamais croire ce que vous disent les médias).  Ils en portent donc bien, mais ils ne sont pas tant que ça. Cependant, c'est très amusant de les voir discuter le plus naturellement du monde avec leurs amis, moi je pourrais pas regarder sérieusement quelqu'un qui me parle avec un masque sur le visage !

Une de nos professeurs n'a pas été épargnée, mais je trouve intéressant de noter la façon dont elle se comportait. Elle avait "hanamizu", mais refusait de se moucher. Elle avait donc une petite serviette carrée avec elle (je dis bien serviette, pas mouchoir), qu'elle pressait contre son nez régulièrement pour empêcher de couler. J'ai eu soudain honte de m'être vidé le nez ostentatoirement la semaine d'avant...

Par Charlotte - Publié dans : Le Japon : culture et traditions
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /Nov /2006 08:08

Daigaku Sai ou la fête de l'université.

Daigaku : université

Sai : fête. Cela s'écrit avec le même kanji que matsuri, 祭.

Et, en effet, la fête de l'université ressemble à un petit Matsuri. Elle en a du moins plusieurs caractéristiques :

Les stands :

Ils occupent toute la rue principale. A la différence des matsuri, ils ne vendent que de la nourriture. Du matin au soir. Du salé, du sucré, du bizarre ! Avec un côté carton pâte, forcément, on fait avec les moyens du bord.

 

Les danses hétéroclites costumées (voir Tsu Matsuri)

Nous avons assisté à plusieurs danses et même... participé ! Du moins, j'ai essayé, Bobby a refusé. Finalement, la chorégraphie est plutôt simple, j'ai même compris les paroles ! (Style Jean Petit Qui Danse). J'ai bien rigolé, avec les autres étrangers. Il y a eu un concert en fin de soirée, mais il faisait trop froid (dès que le jour tombe, il fait un froid polaire), et nous sommes allés boire un verre avec tout le monde. De plus, il y avait une attente super longue (les gens commençaient à s'asseoir par terre dans un couloir tracé à même le sol depuis plus d'une heure).

 

Le monde

Et oui ! C'est la fête à l'université, et tout le monde vient voir. En tout honnêteté, il n'y pas grand chose à voir. D'ailleurs Naho elle-même avoue qu'elle est venue juste pour manger ! Mais le plus amusant, c'est de se balader entre les stands, de tout regarder, et de rencontrer régulièrement des gens qu'on connaît !

Par Charlotte - Publié dans : Les événements
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /Nov /2006 07:42

Lors de Daigaku Sai (la fête de l'université), Naoya nous a plus ou moins embauchés pour l'aider à vendre sa fameuse soupe miso. Notamment, celle à base de porc. C'est pourquoi, Dimanche 5 novembre, nous sommes allés au stand de l'association Terakoya pour aggresser les passants.

Le mot employé est à peine exagéré. C'est une sorte de compétition terrible avec les vendeurs des stands d'à côté ; il faut sauter sur chaque personne qui passe en lui hurlant "IRASSHAI'MASE!!!!!" aux oreilles, pour attirer son attention. Pendant 2h  ! A chaque passant, il fallait le répéter. Autant dire en continu. Au bout d'une heure et demie, Naoya est venue me voir pour me donner mon nouveau script : "tu peux aussi dire : Tonjouri wa ikaga desu ka ??" ("Que diriez-vous d'un peu de Tonjouri ?"). Ce que je me suis empressée de faire, trop heureuse de pouvoir changer de disque.

Comme vous pouvez le constater, nous avons eu droit, pour l'occasion, à des costumes très originaux : moi j'avais le groin (sur le chapeau), et Bobby les oreilles. Je dois dire que je m'en sors pas trop mal.

Le plus terrible dans cette histoire, c'est qu'on se sent profondément inutiles...

Mais nous avons bien rigolé !

Nous avons aussi pris une photo avec Janet, une japonaise super sympa, et avec un parfait inconnu qui a voulu s'incruster !

Et un petit bonus : Bobby a pu prendre une photo avec une cheerleader ! Il était aux anges.

Par Charlotte - Publié dans : Bobby et moi
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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /Nov /2006 14:12

Et un petit tour dans les rayons du Centre commercial !

Vous pourrez remarquer le mannequin pour les petites filles, qui ressemble à tout sauf à une japonaise ! Et oui, tout ici est customisé !

Et pour que les petits garçons ne soient pas en reste, voici le rayon des costumes ! Je suppose que ce sont les uniformes scolaires...

Les japonais sont vraiment des visionnaires ! ils ont inventé le fauteuil du futur ! Ne me demandez pas à quoi ça sert, je n'en sais rien ! Relaxation ? Entraînement physique ? En tout cas, à coup sûr, c'est "karada ni ii !" (bon pour la santé).

Et enfin, les cadeaux de Nöel ! Oui on est déjà prêt depuis octobre ici. Les cadeaux proposés en rayon sont gigantesques, on voit le contenu en présentation, mais les paquets sont déjà prêts et emballés pour l'achat.

Les japonais sont de grands amateurs de café, tout aussi bien froid que chaud d'ailleurs (ils ont des bouteilles de café froid, comme le thé, ils boivent ça comme du petit lait). Ici, vous ne voyez que les cartons, mais ils sont disponibles emballés dans du beau papier cadeau !

 Mais cet emballage ne vaut pas celui de la bière !

Et enfin, pour toutes les gourmandes comme moi... !!!

Par Charlotte - Publié dans : Le Japon : vie quotidienne
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Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /Nov /2006 12:55

Matsuri : fête communale traditionnelle au Japon. Il y en a deux par an dans presque chaque ville, un en automne et un au printemps, les plus importants étants ceux de Kyôto.

Nous avons assisté à 3 matsuri, à Tsu (évidemment), à Iga, dans la préfecture de Mie, petite ville et ancien village ninja, et à Nagoya, dans la préfecture d'Haichi, à une heure de train de Tsu.

Tsu était de loin le plus amusant. Il y avait beaucoup de groupes de danses aux costumes criants, des musiques entraînantes, des musiques traditionnelles, et même une scène de représentations étrangères : coréennes, espagnoles (flamenco ! par des japonais, oui oui), etc. Cliquer sur la photo pour ouvrir l'album-photo. Au passage, les albums-photos étant limités à 5 sur ce blog, quota que j'ai déjà atteint, j'ai uploadé mes photos sur un nouveau site. Donc, pour voir l'album photo, ouvrez le lien en cliquant sur l'image, qui apparaîtra en grand avec un petit commentaire. A la droite de l'image, il y en a une autre, plus petite, c'est la suivante de l'album, cliquez dessus pour la voir, et ainsi de suite !

Nagoya était le plus intéressant : le "matsuri" était moins une fête, comme à Tsu, qu'une grande parade à thème historique. Nous avons ainsi assisté au défilé de trois armées célèbres du "Moyen-Age" Japonais : celle de Obu Nobunaga, suivie de celle de Hideyoshi Toyotomi, et enfin de celle de Ieyasu Tokugawa. Tous trois sont de grands seigneurs (Daimyô) de l'époque Sengoku (milieu du XVe siècle - début du XVIIe), les trois grands unificateurs du Japon de la période. On les appelle aussi "Shogun de transition" (Shogun = chef du pays, un chef militaire), car ils ont permis d'instaurer l'ère Tokugawa (ou ère Edo) en créant un Japon unifié et apaisé. Malheureusement, comme je ne peux pas lire les kanjis qui accompagnaient les personnages, je ne sais pas trop qui est qui et quoi est quoi. Je me suis repérée grâce à la chronologie et aux saisons représentées, qui je suppose déterminent les césures entre les différentes armées. En plus, comme les piles de l'appareil photo m'ont lâchée vers le milieu, le temps que j'aille en acheter, j'ai complètement manqué l'armée de Toyotomi...

Par contre, nous avons manqué de peu Iga Matsuri. Il faut dire que c'est à plus de 2h de train avec deux changements, que ça avait lieu en semaine (nous y sommes allés le mardi parce que nous finissions à midi), et que ça commençait à 14h. Nous avons donc râté un spectacle qui avait l'air super sur les "oni", les démons de la mythologie japonaise, le thème de Iga Matsuri. L'ambiance était quand même très sympa, il y avait du monde dans les rues (et, comme vous le savez désormais, le simple fait de regarder les japonais dans la rue peut constituer une attraction en soi), des stands partout, des chars traditionnels, de la musique, etc. Nous avons même fait une visite au temple !

 

Il y a bien sûr des éléments communs à ces Matsuri aux thèmes et aux festivités différentes. Notamment, les stands, divers et variés, assez semblables à ceux de nos fêtes foraines. L'esprit du Matsuri, c'est aussi l'occasion pour les habitants d'une ville de partager, de se croiser, d'apprécier ensemble un spectacle, de connaître pour quelques jours une sorte de communion créée par l'engouement des festivités.

Les stands participent grandement à cet "esprit" de la fête. Ils sont omniprésents, dans chaque Matsuri on retrouve les mêmes. Ils s'installent dans une rue, et de là naît l'attraction, de là naît l'activité, et l'essence même de la fête.

Comme je l'ai dit, les stands sont à peu près semblables à ceux que l'on peut trouver en fête foraine. Cependant, on est quand même au Japon, aussi y a-t-il quelques différences. Par exemple, les enfants attrapent leurs poissons rouges avec une sorte de spatule en "papier de riz" (le même que pour les murs des maisons traditionnelles"), et ça n'a pas l'air très facile...

Mais la plus grosse différence, c'est ce que vendent les stands de nourriture !! (et ce sont les plus nombreux, de loin !). Pour un petit (tout petit) tour, c'est ici !

Par Charlotte - Publié dans : Les événements
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17/11/06 -> Edit de l'article Matsuri : les stands 

Citation : "Elle est refroidie" (Thierry Guthman, professeur français)
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